Apprendre ou enseigner : telle est la question !

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  • 09 Juin 2026

 

Apprendre ou enseigner : telle est la question !

 

 

Si en français l’apprenant se distingue de l’enseignant, il n’en est pas tout à fait ainsi en hébreu biblique.

  • le verbe « apprendre » (ou plus précisément « il apprit » - les verbes en hébreu biblique étant désignés par une forme déjà conjuguée -) s’exprime avec le mot לָמַד (lamad).
  • le verbe « enseigner » se dit לִמֵּד (limméd).

 

Dans les deux cas, la racine sur laquelle repose ces deux formes verbales est commune, à savoir la racine trilitère  ל (lamèd) / מ (mèm) / ד (dalèt). Seule la vocalisation change, c’est-à-dire les points-voyelles situés en dessous de ces trois consonnes.

 

Enseigner et apprendre sont donc des actions intimement liées. Je dois bien sûr commencer par apprendre pour un jour pouvoir enseigner et, tout en enseignant, je continue d’apprendre. Ces deux verbes s’enracinent dans la même terre.

Pour autant, si tout enseignant est d’abord un élève, tout élève ne finira pas forcément enseignant. C’est dire si malgré cette racine commune, chacun de ces deux verbes possède une tonalité qui lui est propre.

 

Comment l’hébreu biblique exprime cette distinction ?

Le verbe « apprendre » (lamad) est conjugué à une construction verbale appelé le pa‛al, alors qu’« enseigner » (limmèd) est conjugué au pi‛èl.

Sans rentrer dans les arcanes des constructions verbales en hébreu biblique, nous pouvons remarquer qu’au pi‛èl, donc en ce qui concerne le verbe « enseigner » לִמֵּד, la lettre מ (mèm) possède un dagesh fort, autrement dit qu’elle est écrite avec un point à l’intérieur. Ce détail signifie que la lettre est doublée.

La forme conjuguée לִמֵּד (limmèd) n’est donc pas composée de trois consonnes mais de quatre : un ל (lamèd) / deux מ (mèm) / un ד (dalèt).

 

En cette lettre doublée réside donc toute la différence entre « apprendre » et « enseigner ».

 

Mais que signifie cette consonne מ (mèm) ?

Cette lettre symbolise la matrice. Aussi pouvons-nous conclure que l’enseignant possède une matrice de plus (deux מ) que l’apprenant (un מ).

N’est-elle pas justement celle que l’enseignant met au service de son élève pour que celui-ci puisse naître à la connaissance qu’il apprend ?